Les institutions internationales ont été mises en place après la seconde guerre mondiale pour organiser l'activité économique. L'intérêt des Etats industrialisés (notamment des Etats Unis, puissance dominante à cette époque) et des entreprises transnationales qui se développent est alors de mettre en place une économie de marché basé sur la libre circulation des biens et services. Leur objectif est donc l'ouverture des frontières et la diminution systématique des droits de douane.
Le FMI (Fonds Monétaire International)
Créé en 1944 à Bretton Woods, 185 Etats membres, principe de gouvernement du Fonds : nombre de voies proportionnel à la richesse du pays.
Il est, au départ, créé pour empêcher la variation des monnaies (qui limiterait la circulation des biens) et "promouvoir le bon fonctionnement de l'économie mondiale" (selon ses propres objectifs). Sa mission est ensuite devenue une mission de prêts sous conditions et de contrôle économique. Il est le créancier privilégié et prioritaire.
Ce qu'il appel les "plans d’ajustement structurel" (=prêts sous conditions) doivent permettre de réinsérer les pays en difficulté dans l’économie mondialisée, ce qui, aux yeux des libéraux, est la seule voie de développement réaliste (vision tout à fait hypocrite sachant qu'aucun pays au monde n’a pu se développer sans, dans un premier temps, protéger son marché intérieur. Et ce fut le cas pour les USA, la France, la Grande-Bretagne, le Japon…).
Plus un Etat emprunte au FMI, plus ce dernier entre dans la gestion de l'économie du pays et lui impose ses conceptions ultra-libérales :
- La dévaluation de la monnaie : pour développer les exportations grâce à la baisse des prix des produits exportés. Il s’agit surtout, en fait, d’asphyxier le marché intérieur aux dépens du secteur des exportations dont le rôle essentiel est de faire rentrer des capitaux pour payer les intérêts de la dette.
- L’ouverture des frontières : pour permettre aux capitaux et aux marchandises étrangères d’envahir sans obstacle l’économie du pays. Les producteurs locaux sont alors confrontés brutalement à la concurrence de pays dont la productivité est beaucoup plus élevée. Les faillites se multiplient et les multinationales peuvent racheter à bas prix les entreprises locales.
- La privatisation ses services publics : avec pour effet de brader aux multinationales les derniers pans de l’économie et d’obtenir des capitaux frais, là encore, pour payer les intérêts de la dette.
- La hausse des taux d'intérêts, la suppression des subventions…
En réalité, le FMI permet ainsi l'appropriation de l'économie nationale par les Etats, banques et entreprises étrangères. S'installe alors une sujétion perpétuelle des pays emprunteurs à l’égard des créanciers internationaux et des multinationales.
L'OMC (Organisation Mondiale du Commerce)
Issue des négociations lancées en 1946 par l'ONU, Il y a d'abord eu la Charte de la Havane (refusée par les Etats Unis), puis le GATT qui reprenait une partie de la Charte mais était très incomplet donc provisoire…cet accord sur les tarifs douaniers et le commerce des marchandises a pourtant duré près de 50 ans !
En 1995, création d'une véritable organisation qui concerne également le commerce des services (AGCS), de la propriété intellectuelle, de l'agriculture, des investissements… Aujourd'hui plus de
150 Etats membres.
Principe : 1 Etat = 1 voie, mais en pratique on recherche le consensus donc paradoxalement, il n'y a jamais eu de vote pendant une négociation à l'OMC (je vous laisse imaginer le poids que peut
avoir un négociateur du Bénin-togo-Ghana face aux nombreux négociateurs européens et américains…).
Concrètement, elle fonctionne par cycles de négociation (= round) qui sont en fait une sorte de forum de négociations permanent et qui débouchent sur des accords dans différents domaines que l'organisation doit ensuite gérer (application dans les pays membres, sanction par son Organe de règlement des différents…).
Le
but unique de l'OMC est la diminution systématique des droits de douane et des restrictions aux échanges (subventions, quotas…) pour tendre vers une libéralisation progressive.
L'OMC est un ensemble à prendre ou à laisser, aucun pays ne peut émettre de réserves. Les Etats doivent informer le secrétariat et les autres membres de toute nouvelle loi pouvant avoir un impact sur le commerce (mécanisme d'examen des politiques commerciales par l'OMC). Principe de la nation la plus favorisée c'est à dire qu'aucun pays ne peut avoir des accords préférentiels avec un autre sans en faire bénéficier tous les Etats membres (lorsque la France subventionne le cinéma africain, elle est censée également subventionner le cinéma américain !) . Traitement national qui implique que les Etats ne doivent pas traiter différemment les produits nationaux et ceux des autres pays membres.
De plus, l'OMC ne prend pas en compte le respect des droits de l'Homme ou de l'environnement, ainsi aucunes règles ne doivent pouvoir être mises en place pour favoriser les marchandises produites par des travailleurs syndiqués plutôt que celles fabriqués par des enfants dans des conditions sanitaires et écologiques dramatiques, ce serai une atteinte au principe de libre concurrence…
On est actuellement en plein cycle de Doha depuis 2001 et les négociations échouent les unes après les autres, l'OMC traverse une crise et c'est le moment d'imposer un autre point de vu des échanges internationaux respectant les droits des travailleurs, l'environnement (considéré comme un obstacle au commerce), refuser que certains secteurs soit assimilé à des marchandises (l’eau, l’éducation, la santé, les services sociaux…), il faut proposer un autre cadre que celui de l’OMC, afin de fournir des règles plus justes au commerce.
Le Groupe de la Banque Mondiale (BM)
Son fonctionnement est calqué sur celui du FMI (il faut d'ailleurs être membre du FMI pour être membre du groupe BM) et la participation financière est également dépendante de la part des Etats dans le FMI.
Le groupe de la BM octroie ses prêts pour mettre en place des politiques d'ajustement allant de paire avec les conseils du FMI (libéraliser les changes et les prix, mobiliser l'épargne interne, privatiser les services publics…).
Ce groupe est composé de plusieurs organisations avec des missions et des objectifs différents :
- La BIRD (Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement), créée au départ pour aider à la reconstruction des pays après la guerre (la France est la première à bénéficier de son aide), octroie des prêts concernant des grands secteurs d'activité (agriculture, énergie…) essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
- La SFI (Société Financière Internationale) prête et "conseille" les institutions et entreprises privés dans les pays en voie de développement.
- L'AID (Association Internationale pour le Développement) prête à très long terme et à taux d'intérêts nuls ou très faibles aux pays les moins avancés mais avec une gestion administrative bancaire.
- L'AMGI (Agence multilatérale de garantie des investissements) a été créée pour encourager l'investissement dans les pays émergents en offrant une assurance aux opérateurs économiques privés qui ne veulent pas être confrontés aux risques politiques.
- Le CIRDI (Centre International de Règlement des Différents relatifs aux Investissements) fourni des services qui permettent la conciliation ou l'arbitrage entre les protagonistes qui ne sont pas des Etats donc qui n'ont pas accès aux juridictions internationales.